Depuis août dernier, Lucie a rejoint l’association en tant que salariée. Riche d’un parcours diversifié, la jeune femme de 35 ans vient renforcer l’équipe en apportant son expérience et son énergie.
Dresser le portrait de Lucie, c’est raconter l’histoire d’une quête. Celle d’une bachelière qui entre en BTS SP3S (Services et Prestations des Secteurs Sanitaire et Social) et qui comprend que rester dans un bureau ne sera guère épanouissant pour elle. À la faveur d’un stage effectué dans un ESAT dans le cadre de son BTS, Lucie prend conscience qu’elle est « faite pour être sur le terrain ». D’abord arbitre bénévole sur les championnats régionaux de basket adapté, elle devient ensuite entraîneur puis responsable de la section basket de l’ESA Gami (Eybens Sport Adapté) pendant 9 ans.
Elle décide de suivre une formation pour devenir éducatrice spécialisée. Le métier lui correspond bien mieux : elle décroche son diplôme et son premier job, dans la protection de l’enfance. « Depuis l’âge de 16 ans, je travaillais régulièrement dans l’animation grâce à mon BAFA Animation sportive », évoque Lucie. « Ma première expérience professionnelle en tant qu’éducatrice spécialisée a eu lieu en accueil d’urgence. C’était éprouvant. Je suis restée deux ans, puis j’ai senti que j’atteignais mes limites et que je devais changer de contexte. Ce fut un premier départ difficile. »
Un puissant besoin d'humanité
Lucie bifurque radicalement. Elle qui habitait à Grenoble depuis son enfance décide de s’installer en Haute-Savoie et de devenir saisonnière en refuge. « J’ai profité de cette période pour faire de la montagne – j’adore être en nature et marcher, c’est ce qui me ressource vraiment – et j’ai mis de l’argent de côté pour voyager », poursuit Lucie. Sa petite cagnotte en poche, elle s’envole pour le Brésil et la Guyane, où elle s’installe pendant deux ans. Ayant été sensibilisée au handicap très jeune – le GUC, où elle était animatrice, intégrait des enfants en situation de handicap – Lucie sait qu’elle se sent bien avec ce public. « J’ai eu envie de retrouver l’humanité de ces contacts. J’ai trouvé un poste à Grenoble dans un foyer d’hébergement pour personnes en situation de handicap où, grâce à l’accueil et la spontanéité des résidents, j’ai pu prendre davantage confiance en moi et dans le métier », confie Lucie.
La découverte de Cemavi
Un jour, Adrien et Simon, résidents de L’Arche, rentrent d’un championnat de ski alpin adapté et racontent leur journée à Lucie avec un vif enthousiasme et la fierté de rapporter une médaille. « Adrien m’a montré des photos qui donnaient vraiment envie. C’était mon premier contact avec Cemavi. » Attirée par l’état d’esprit de l’association, Lucie en devient bénévole, d’abord en soutien au sein de l’école de sport, puis sur quelques séjours. Finalement, le 1er août 2026, Lucie devient salariée, rejoignant Adrien et Romain. Grâce à son profil différent, Lucie apporte une réelle valeur ajoutée à l’équipe. Outre l’encadrement de certaines activités et certains séjours, Lucie est chargée de développer les accompagnements individuels et les sorties culturelles. « L’idée est que j’accompagne une personne en situation de handicap adhérente de Cemavi sur un créneau d’une ou deux heures, soit chaque semaine, soit à un rythme moins régulier, en mettant en place un projet pédagogique. Apporter une attention particulière permet de travailler sur un besoin spécifique en proposant une approche ludique », explique Lucie.
Une sportive dans l'âme
Lorsqu’elle ne travaille pas pour Cemavi, Lucie pratique le basket en compétition au sein du BCTM (Basket Club La Tronche Meylan), un sport qu’elle adore depuis toute petite. Du haut de ses 1,77 mètre, elle pratique aussi la randonnée en montagne, souvent en compagnie de Coco, le petit chien qu’elle a adopté en Guyane. Fan de voyage et de photo, Lucie est convaincue que le sport est un vecteur de bien-être, de santé et de partage. Elle aime aussi l’idée que « le ridicule ne tue pas » et qu’on peut « garder son âme d’enfant ». La preuve ? Lorsqu’elle accompagne les adhérents Cemavi, elle n’est pas la dernière à rire et à faire des grimaces ! « Chez Cemavi, c’est bon enfant, c’est vivant, c’est authentique, c’est humain. Et j’adore ça ! », conclut Lucie.



